La conquête de Pandrea

Forum de jeux de rôles de toutes catégories
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 Stand-alone : Le camping du la Lune

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Stand-alone : Le camping du la Lune   Mar 21 Aoû - 18:04

Basé sur mes vacances à St-Omer, mais bien modifié. Je vous met au rythme où je le réécris au pc.

Part 1 :










Le
marais s'étendait à perte de vue, silencieux et paisible. Léa et
Daniel, bientôt trentenaires, n'auraient sans doute jamais songé à
faire halte à cet endroit si une crevaison n'avait momentanément
mis un terme à leur périple en vélo. En temps ordinaire il
suffisait à Daniel d'une vingtaine de minutes pour effectuer une
réparation aussi classique. Malheureusement, la crevaison était la
cinquième d'une série noire s'étalant sur 20 km environ. La cause
en était de toute évidence le sol de la région, riche en silex. Du
moins c'est ce qu'affirmait Daniel, lequel appréciait modérément
que son épouse remette en question son savoir. Cette ultime
crevaison arracha au jeune homme une volée de jurons destinés à
Murphy, le saint patron des contrariétés. Léa n'échappa pas aux
traditionnelles remontrances lui rappelant que, tout de même, il
était temps d'apprendre à soulever son derrière de la selle
lorsque le terrain se faisait plus accidenté. Daniel lui accorda
néanmoins que la route était dans cet état depuis le matin, et
qu'il avait dés lors lui aussi renoncé à rouler en danseuse.
L'annonce faite par Léa du contenu de la boite de rustines acheva de
ternir l'humeur du mécanicien improvisé, lequel venait fièrement
de dégager la chambre à air de ce satané vélo. Un tube de colle,
du papier à poncer, un rondelle en métal, mais plus une seule
rustine. Il faudrait poursuivre à pied jusqu'au prochain village. La
carte leur rappela obligeamment qu'ils avaient quitté le dernier
bourg susceptible d'abriter un magasin de vélos depuis 7 km, et que
le suivant était encore à six bons km. Mieux valait poursuivre
jusqu'à rencontrer une habitation, Léa n'était-elle pas de cet
avis ? Elle l'était, bien sûr, et le couple entama sa lente
progression en quête d'une bonne âme appréciant la vie dans les
marécages.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Heinrich le Troll
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
avatar

Nombre de messages : 1636
Age : 28
Blason de l\'équipe :
Honneur :
76 / 10076 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 10/08/2007

Personnage
Points de vie:
250/250  (250/250)
Défense:
20/20  (20/20)
Attaque:
19/19  (19/19)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Jeu 23 Aoû - 21:59

Encore un rp non-fini pol
Daniel et Léa, c'est toi et ta sorcière au chats noirs (héééérééééétique !) ou d'où ça sort ?

_________________
Sketch blog · Geek blog
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsékelkan
Empereur Tloxcolèque
avatar

Nombre de messages : 1694
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
60 / 10060 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 12/11/2010

Personnage
Points de vie:
160/160  (160/160)
Défense:
15/15  (15/15)
Attaque:
12/12  (12/12)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Jeu 23 Aoû - 22:11

Perso, je ne comprend pas ce rp...
Trop de rp d'actions sans doute lol!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Ven 24 Aoû - 19:34

Il est pas fini, je voulais juste pas vous mettre tout d'un coup pol Il fait 28 pages manuscrites en fait. Ai-je omis de préciser qu'il s'agit d'une nouvelle de type thriller ?



Il
allait bientôt faire nuit, et les moustiques avaient depuis un bon
moment déjà commencé à harceler les mollets des deux tourtereaux,
lorsque Léa repéra le magasin. Qu'un commerce aie pu s'implanter au
milieu de Matitis-les-Bains (un terme générique affectionné par
Daniel pour désigner un bled perdu) était certes surprenant, mais
pour l'heure ils en furent heureux. Daniel entendait bien user de sa
technique bien rodée pour se faire héberger, gratuitement si
possible, chez les tenanciers de l'établissement. C'est donc après
avoir échangé un sourire triomphant qu'ils s’apprêtèrent à
faire usage de la sonnette. Néanmoins, un détail contraria ces
plans. L'échoppe était encore ouverte. Contrariant, cela l'était,
car, comme Daniel le fit savoir à Léa, un commerçant a moins
tendance à vous offrir le repas lorsqu'il est de l'autre côté d'un
comptoir que lorsqu'il savoure un bon repas en famille. Les horaires
confirmaient pourtant la chose : ouvert de 7h30 à 12h, et de
13h30 à 20h. Or il était 19h50, comme l'annonçait Léa. Elle
portait fièrement sa montre, laquelle lui permettait, pour un bref
moment, d'obliger son mari à lui prêter attention. Celui-ci
n'allumait en effet jamais son GSM en voyage, et avait depuis
longtemps perdu sa dernière montre. Ils attendraient bien 15 minutes
supplémentaires, décida Daniel. Léa insinua que le commerce
vendait peut-être des rustines, idée aussitôt écartée par son
compagnon, l'écriteau indiquant « Magasin d'alimentation ».
A moins, bien sûr, que Léa ne considère les rustines comme une
variété de légumes. Elle ne les considérait pas comme telles, et
la question fut réglée. Ils allaient se mettre hors de vue lorsque
la porte de l'établissement s'ouvrit, révélant une dame corpulente
qui devait être leur aînée de 20 ans. Un grand sourire illuminait
son visage rond, lequel était directement vissé sur un corps auquel
Léa n'avait rien, mais alors vraiment rien à envier. Cette
apparition força les deux cyclistes à revoir leur stratégie :
madame pourrait-elle leur indiquer un emplacement où dormir, si
possible pas trop marécageux ? Les espoirs d'hébergement
gratuit de Daniel s'évanouirent tandis qu'un doigt robuste leur
indiquait la position d'un camping tout proche, 2 km environ. Ces
messieurs-dames avaient-ils l'intention de séjourner dans la
région ? Certainement p..., sans doute pas, malheureusement.
C'était dommage, car les marais étaient forts jolis, la journée
naturellement. Et puis on y cultivait de nombreuses variétés
locales que madame vendait ici. Daniel promit qu'il considérerait
l'option, tout en pensant le contraire. Léa y songeait plus
sérieusement, l'idée de goûter de nouveaux légumes ne lui
déplaisant pas. Le couple se remit donc en marche après avoir
remercié la tenancière vendeuse de légumes, l'un aigri à l'idée
de devoir payer le camping, l'autre rassurée de ne pas devoir dormir
au milieu de la fange ou des tourbières.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Heinrich le Troll
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
avatar

Nombre de messages : 1636
Age : 28
Blason de l\'équipe :
Honneur :
76 / 10076 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 10/08/2007

Personnage
Points de vie:
250/250  (250/250)
Défense:
20/20  (20/20)
Attaque:
19/19  (19/19)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Dim 26 Aoû - 22:28

Bisol von Sint-Omer a écrit:
Il est pas fini, je voulais juste pas vous mettre tout d'un coup pol Il fait 28 pages manuscrites en fait. Ai-je omis de préciser qu'il s'agit d'une nouvelle de type thriller ?

28pages ! Et arrive à taper une page par trois jours alors qu'il est encore en vacances… Quelque chose me dit qu'on verra pas la fin de si tôt…
(Soit 2 pages tapées, 8 pages estimées avant le 15/09 et 18 pages à taper quand ce sera les cours.)

_________________
Sketch blog · Geek blog
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Lun 27 Aoû - 11:39

Suspect je rappelle que Monseigneur a affirmé il y a peu - et avec justesse- que pondre des romans de 10 pages en l'absence de lecteur décourage la lecture lorsque ceux-ci reviennent. Donc, je pourrais vous taper par plus gros blocs si vous en aviez envie.











Le
camping était mal indiqué, mais comme c'était la seule trace de la
présence humaine dans la zone et qu'ils disposaient des indications
de la commerçante leur permettant de trouver le sentier y
conduisant, ils le trouvèrent tout de même. « Camping du
Marécage de la Lune » annonçait l'écriteau surplombant
l'entrée par laquelle les deux campeurs se glissèrent dans ce
complexe. Ce n'était pas un petit camping -139 emplacements fixes
annoncés, plus les autres-, mais l’accueil ne fut pas difficile à
trouver. Ce petit bâtiment de briques se situait à 10 m de
l'entrée. Des enfants s'amusaient dans les graviers tout proches.
C'était l'été, et à cette heure il faisait encore clair. Rien
d'étonnant, donc, à ce que des gamins s'amusent. Ce que Daniel
trouvait plus dérangeant était leur étonnante placidité. Des
enfants sont supposés être bruyants, agités, curieux. Léa
n'était-elle pas de cet avis ? Elle admit, qu'en effet, les
bambins n'avaient pas l'air très dynamiques, et que le fait d'être
quatre à regarder un cinquième ratisser les graviers faisait
d'avantage songer à des ouvriers communaux. Daniel trouva encore
plus dérangeant que ces enfants ne répondent pas -ne réagissent
pas- à son salut. Il grommela dans sa barbe et envoya Léa s'occuper
de l’intendance à l’accueil tandis qu'il surveillait les vélos,
affichant son air le plus féroce. Léa laissa donc le bouledogue à
ses grognements et gravit les trois marches menant à la petite porte
blanche. Elle aurait aussitôt frappé si un papier collé là à
l'aide de papier collant n'avait attiré son attention. « Uniquement
sur rendez-vous, de 10h à 18h En cas d'absence ou d'urgence,
veillez utiliser la sonnette. » Voilà qui était embêtant.
Lorsque son compagnon fut informé de cet écriteau, il fit savoir à
Léa qu'elle avait le choix entre faire les démarches nécessaires
pour qu'ils puissent dormir là ou se préparer à camper dans la
brousse. Le choix fut vite fait et après quelques coups de sonnettes
un homme aux cheveux grisonnant fit irruption. Il avait lui aussi
l'air d'humeur bougonne, ce qui conduit Léa à se demander si la
bonne humeur des mâles fonctionnait à l'aide de panneaux solaires.
Finalement, l'homme la fit rentrer dans un bureau si minuscule qu'il
était quasiment impossible de s'y tenir à deux. La chaise destinée
à l'origine aux clients était ensevelie sous une montagnes de
livres et autres artefacts en tous genre, le bureau se trouvait sans
doute sous le mont Everest avoisinant. Le gestionnaire du camping
dévisageait Léa un peu trop bizarrement pour qu'elle se sentisse à
l'aise. La vue des ongles longs et crasseux qui saisirent un
stylot-bille n'arrangea pas les choses. Il paraissait à présent
plus étonné qu'ennuyé et questionna la cycliste sur la durée de
leur séjour, l'accès facultatif aux bornes d’électricité, et
autres formalités. La jeune femme ne désirant nullement s'attirer
les foudres d'un mari déjà sur les nerfs entrouvrait la porte après
chaque question afin d'obtenir son avis sur la chose. Ils ne
resteraient qu'une nuit, avec le confort minimum. Ça resterait mieux
que le camping sauvage. Le reçu fut rédigé à la main,
l'imprimante étant en panne. Pour l'emplacement, les deux cyclistes
n'avaient qu'à choisir le site qui leur conviendrait, mais le gérant
leur conseilla le fond du camping, près des haies, avant de refermer
la porte sur Léa.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Heinrich le Troll
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
avatar

Nombre de messages : 1636
Age : 28
Blason de l\'équipe :
Honneur :
76 / 10076 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 10/08/2007

Personnage
Points de vie:
250/250  (250/250)
Défense:
20/20  (20/20)
Attaque:
19/19  (19/19)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Ven 31 Aoû - 15:45

[quote="Bisol von Sint-Omer"]Suspect je rappelle que Monseigneur a affirmé il y a peu - et avec justesse- que pondre des romans de 10 pages en l'absence de lecteur décourage la lecture lorsque ceux-ci reviennent. Donc, je pourrais vous taper par plus gros blocs si vous en aviez envie./quote]
C'est vrai.



Je te dirais ça IRL.

_________________
Sketch blog · Geek blog
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Mer 5 Sep - 14:45

Constatant
que le camping était plus vaste qu'il ne l'imaginait -bon sang,
comment pouvait-il exister 139 familles désireuses de vivre dans un
endroit aussi perdu?-, Daniel décida bientôt de partir à pied à
la recherche d'un emplacement idéal. Léa garderait les sacs et les
vélos. L'homme ne faisait pas confiance à sa compagne pour examiner
avec rationalité les éléments déterminants d'un bon emplacement :
ombragé le matin (il avait horreur d'être réveillé par la
fournaise), assez éloigné de la route (il avait aussi en horreur le
bruit des moteurs), protégé du vent, et assez proches des
sanitaires sans devoir subir leur odeur et le va-et-vient des
résidents désireux de se soulager la vessie. Léa aurait sans doute
choisit un emplacement lui semblant joli. C'était une femme, après
tout. Lors de sa visite, il s’aperçût rapidement de l'absence
totale de campeurs de passage : pas de tentes ou de motorhomes.
Le complexe était uniquement occupé par des caravanes et bungalows.
Sans voitures. Pour Daniel, c'était une mauvaise nouvelle -une de
plus- pour deux raisons. La première concernait l'absence de
voitures. Non pas qu'il fut amateur de ces engins -loin de là-, mais
l'obligation légale de porter des plaques d'immatriculation lui
permettait d'identifier l'origine des occupants. Or, il s'agissait
pour lui de vérifier sa thèse sur le mystère des hollandais.
Comment un pays de moins de 17 millions d'âmes pouvait-il engendrer
assez de vacanciers que pour peupler -à raison d'au moins 20% des
occupants- tous les campings de la planète, du Groenland à la
Nouvelle-Zélande en passant par la Manchourie et le Congo ?
La seconde mauvaise nouvelle était tout le monde sait qu'un seul
type de personnes affectionnent de vivre dans un camping : le
bas peuple. Loin de mépriser ceux qu'ils considérait tout de même
comme des gens de moindre condition, il affectionnait fort peu leur
manières. Un détail attira son attention : toutes les baraques
étaient précédées de ravissants jardinets farouchement gardés
par des nains de jardins. Et les pelouses étaient impeccables. Si
impeccables qu'on aurait dit l’œuvre des nains de jardins
eux-même. Or, une telle propreté ne collait pas avec l'idée qu'il
se faisait des gens du bas peuple, lesquels préféraient de toute
évidence regarder des matchs de football à la télévision que
jardiner. Il chassa ces réflexions de son esprit et fini par trouver
un endroit satisfaisant : A l'ombre d'un grand saule, à 30 m
des sanitaires, protégé par deux haies, à plus d'un centaine de
mètres de la route et … à 2 m de l'endroit où Léa l'attendait
patiemment. Plutôt pas mal. Le couple put donc entamer le montage de
la tente tout en profitant de la lumière d'un lampadaire tout
proche. D'ordinaire ceux-ci ennuyaient le jeune homme, - il
prétendait qu'ils retardaient son sommeil -, mais pour l'heure
l'éclairage l'arrangeait bien. Tandis qu'ils plaçaient les arceaux,
Léa fit remarquer qu'on était dimanche, et que, par conséquent,
les magasins seraient sans doute fermés le lendemain. L'homme ne
s'en affligea pas et fit savoir à sa tendre moité qu'ils
trouveraient bien une habitation dont les habitants pratiqueraient ce
noble sport qu'est le vélo et leur concéderaient une rustine. Voire
même plusieurs. Mais ils en reparleraient demain, n'est-ce pas ?
Quelques minutes plus tard, les vélos étant bien cadenassés, – à
l'aide de deux cadenas, on est jamais assez prudents-, et les bagages
à l'abri de l'auvent, les deux nouveaux venus étaient blottis l'un
contre l'autre – dans la mesure où cela est possible en sac de
couchage. Les lampadaires n'empêchèrent pas Daniel de s'endormir.
Léa, en revanche, fut réveillée par des hurlements canins dans le
lointain. Elle lutta pour se rendormir, avec la désagréable
impression d'être observée.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Mer 3 Oct - 17:15

Ils ne furent pas réveillés par la chaleur de la tente : Ce fut ce bon vieux besoin de se soulager la vessie qui s'en chargea. Après quelques câlins bien mérités, et une routine matinale comprenant le petit-déjeuner et la toilette, l'éventualité de prolonger la séjour dans le camping fut évoquée. Léa n'était pas contre un petit jour de repos, d'autant qu'ils venaient de parcourir plus de 300 km et que la carte indiquait une réserve naturelle à 500 m du camping. De plus, les tarifs étaient raisonnables et elle offrirait de bon cœur le camping à son formidable compagnon. A vrai dire, celui-ci avait été blasé par les crevaisons de la veille et l'idée d'une journée lecture-calins-ballade nature ne lui parraissait pas déplaisante. Il irait lundi matin acheter des rustines à la ville la plus proche, à l'aide du vélo encore fonctionnel (le sien en l’occurrence). Les deux amants avaient trouvé un accord : Léa se chargeait de prolonger leur réservation tandis que son compagnon entamait la vaisselle. Les éviers étaient relativement propres mais l'odeur du lieu ne mentait pas : les urinoirs semblaient sans doute trop éloignés aux yeux de certains occupants. Des flaques ornaient le dessous de trois des quatre éviers, dont Daniel supposa qu'elles étaient l’œuvre de quelque canidé, animaux qu'il n'affectionnait que très peu en tant que cycliste aux mollets éprouvés. Les deux baraques les plus proches étaient sans doute occupées par des Hollandais, au vu de leurs noms (Oma's huisje et Watoo's hofje). Deux clébards, un labrador et un affreux caniche, se tenaient devant l'une d'elle, aux pieds d'une femme obèse aux cheveux gras tirant sur une cigarette. Satanés Hollandais. Sa petite vaisselle terminée, Daniel s'en alla retrouver Léa à la tente. Il s'attendait presque à y trouver un chien, patte levée, au-dessus de la toile extérieure ou des vélos. Fort heureusement ce ne fut pas le cas. Il avait constaté avec froideur que les occupants du camping le dévisageaient tous. Seuls les gamins paraissaient se mouvoir sur le site, les adultes restant vautrés sur leurs terrasses à le fixer d'un air vide. Par politesse, il avait salué les bambins, lesquels n'avaient pas daigné lui répondre sans pour autant détourner leur regard qui sondait ce nouvel arrivant. Sans aucun doute, ils vivaient en euthanasie dans ce trou à rat, et n'étaient pas habitués aux nouvelles têtes. Ni à la politesse d'ailleurs. Léa arriva quelques minutes plus tard, les bras chargés de prospectus vantant le mérite d'activités aussi palpitantes que la visite de centrales nucléaires, ou des promenades en barque sur les marais. Après lui avoir fait part de ce qu'il pensait de l'utilité de ces prospectus (après-tout les WC n'étaient même pas équipés en papier toilette), il admit toute fois qu'une promenade en barque était envisageable. On jetterait un coup d’œil aux tarifs, n'est-ce pas ? Il fallait d'abord considérer le réapprovisionnement en vivres, ce qu'il se proposait de faire à l'aide de son vélo, à l'épicerie de la veille. Il rapporterait moult légumes exclusifs à sa compagne qui les méritaient bien. Léa n'avait que très moyennement envie de rester seule, aussi finirent t-ils par s'y rendre à pied.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Heinrich le Troll
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
avatar

Nombre de messages : 1636
Age : 28
Blason de l\'équipe :
Honneur :
76 / 10076 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 10/08/2007

Personnage
Points de vie:
250/250  (250/250)
Défense:
20/20  (20/20)
Attaque:
19/19  (19/19)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Dim 7 Oct - 15:24

Bisol a écrit:
Les urinoirs semblaient sans doute trop éloignés aux yeux de certains occupants
Les buissons semblaient sans doute trop éloignés aux yeux de certains occupants, oui XD

_________________
Sketch blog · Geek blog
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Dim 7 Oct - 18:19

HRP : Chacun sa façon pol

Je vais mettre par paquets de deux paragraphes à partir de maintenant, sinon on arrivera jamais au bout ... pour autant qu'il y aie des gens intéressés xD
La route était très peu fréquentée et seules deux voitures troublèrent leur petite promenade. Par chance, car ils n'y songeaient plus, le magasin était ouvert le dimanche. La vitrine était couverte de photos sans âge sur lesquelles figuraient des paysans pratiquant l’activité traditionnelle locales : la culture maraîchère. L'échoppe vendait d'ailleurs presque exclusivement le produit de ces cultures. Ils achetèrent des tomates, un pain au levain, et s'en remirent à la commerçante pour leur conseiller un fromage du coin, si possible un fromage supportant d'être maintenu à 30 degrés bien sûr. La dame conseilla donc, et les clients firent savoir que c'était tout. Madame demanda s’ils étaient en vacances dans le coin. Oui. Et ils venaient de quel coin ? De Belgique. Cela ferait 7,81 euros. Quand messieurs-dames désireraient-ils repartir ? Déjà demain ? Oui déjà demain, et … et quelque chose n'allait pas. Daniel avait la manie de minimiser la quantité de monnaie qu'on lui rendait, et avait donc donné 13,01 euros à la commerçante en vue de récupérer un billet de 5 euros et 20 cents (un billet de 10 euros, une pièce de 2 euros, deux pièces de 50 cents, et une pièce de 1 cent). Or, madame ne lui avait rendu que les 20 cents. Il le lui fit remarquer, mal à l'aise. La dame lui certifia qu'il se trompait et qu'elle avait encaissé le billet de 5 euros qu'elle lui agitait à présent sous le nez. Daniel vérifia le contenu de son porte-monnaie -maintenu par une cordelette à son cou pour se prémunir des voleurs- et eu confirmation qu'il avait bien donné un billet de 10 euros. Léa fit également savoir qu'il lui semblait avoir aperçu la couleur d'un billet rose. Mais elle n'en était pas certaine. S'en suivit un bref débat qui tourna en défaveur de la commerçante, laquelle promit de vérifier ses comptes le soir même. Le touriste s'excusa et prit congé, à la fois mal à l'aise et vexé. Il n'avait aucune envie de retourner dans ce magasin, et Léa était désolée pour lui. C'est alors que Daniel les aperçus. Nains de jardins et pots de fleurs ornaient la cour du magasin. Une voix dans son dos lui appris que l'établissement vendait ces bibelots. Le belge se dit fort heureux de l'apprendre mais ne fit apparemment pas preuve d'un enthousiasme très convaincant, au vu de la mine outragée de la vendeuse. Les deux campeurs s'en retournèrent en vue de dîner. Il était déjà 13h30.

Le fromage était bon, mais le pain au levain ressemblait trop à un pain blanc classique pour qu'il n'en soit pas un. Les tables du camping, au nombre de deux -ce qui était peu pour un établissement annonçant 140 places- étaient situées au niveau d'une plaine de jeux ordinaire qui aurait dû accueillir de nombreux enfants turbulents. Or ceux-ci devaient quasiment tous être à table avec leurs parents car le camping était silencieux. Seule un dizaine de bambins âgés de 2 à 6 ans s'égayaient sur le terrain de jeux. A leur façon. Les plus âgés se tenaient en cercle approximatif autour du plus jeune, lequel oscillait nonchalamment au rythme d'une balancelle. La scène aurait pu paraître normale aux yeux de Mr Tout-le-Monde, mais Daniel se focalisa sur deux détails peu engageants. Premièrement, le gamin n'était pas assis mais couché à plat ventre sur la balançoire, ses membres pendouillant dans le vide au gré de ces lentes oscillations. Deuxièmement, les autres le regardaient fixement, sans un geste ni un mot. Le spectacle dura quelques minutes après quoi l'homme fit part de ses impressions à sa compagne en pleine dégustation d'un sandwich improvisé. Lorsque celle-ci tourna son regard vers la plaine de jeux, les enfants avaient disparu. Elle haussa les épaules, son mari avait toujours eu l'esprit porté aux situations malsaines. Il ne lui en tint pas rigueur, conscient de ce fait. Une séance câlins dans la tente s'imposait – et plus si affinités -, après quoi le couple se décida à faire une petite promenade dans la réserve naturelle toute proche.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Mar 16 Oct - 17:48

Équipés de leurs jumelles, les deux amis de la nature se mirent en quête d'un chemin permettant d'accéder à ladite réserve. Ils finirent par opter pour un sentier s'enfonçant dans les bois, les autres chemins ayant d'avantage une fonction de piste automobile qu'une fonction de promenade pédestre. Une fois quelques centaines de mètres parcourus, la quantité de canettes vides, papier toilette et préservatifs chuta rapidement et les randonneurs se prirent à espérer une ballade sylvestre des plus sympathiques. Malheureusement, le chemin était boueux, mais cela n'était guère un problème pour des gens de leur trempe, à savoir des naturalistes. Ce qui leur posait plus problème était le silence total. Que le bruit des voitures ne trouble pas leur promenade était une bonne chose, certes. Mais l'absence de bourdonnements, de chants et coassements, c'était autre chose. Et dans une réserve naturelle en plus ! Seuls quelques syrphes hantaient les ombellifères, si peu farouches qu'on pouvait aisément les attraper. On dirait les gens du camping, fit remarquer Daniel. Soudain, une forme de vie un tantinet plus dynamique s'imposa à eux : des moustiques. Le sentier avait beau éviter les marais à proprement parler, l'odeur des touristes avait attiré les parasites qui se mirent à infester les yeux. Comme on pouvait s'y attendre, ils étaient aussi faciles à tuer que les syrphes étaient amorphes, ce qui soulagea quelque peu les amoureux. Alors que Daniel guettait les batraciens dans les petites mares avoisinantes, il aperçu des traces dans la boue. Celles d'un gros chien apparemment. Il fit part de sa découverte, banale en soi, et mentionna le loup-garou des marécages qu'il avait découvert enfant dans un chair de poule. Léa ne trouva cela si drôle, et se remémora les cris de la nuit passée. Un frisson lui parcourut l'échine. Elle désirait rentrer à présent. D'autant que les traces se dirigeaient justement dans la même direction qu'eux. Ce fut au tour de Daniel de hausser les épaules : Il ne s'agissait que d'un clébard, sans doute aussi moche que les consanguins locaux. Il attira tendrement sa douce dans ses bras pour la rassurer, puis l’entraîna à sa suite. C'était pour sûr un sacré clebs : Son enjambée valait bien celle d'un homme adulte, à ce qu'en disaient les traces. Un vile catin de loup-garou, pas vrai mon pote ? Le chemin s'élargit tout d'un coup en un vaste cercle défriché, sous couvert forestier. Des arbres avaient étés abattus, ne restaient que leurs souches pour témoigner de leur existence. Ces dernières avaient été disposées en cercle autour d'une sorte de puits. Cela était certes assez étrange, mais pour l'heure le couple avait d'autres idées en tête, Daniel effleurant de sa main une zone féminine à forte concentration nerveuse. Sa compagne laissant entendre qu'elle ne lui en tenait pas rigueur, ils finirent par associer une fonction autre que la photosynthèse à un arbre situé en bordure du cercle. Seule Léa pouvait guetter l'arrivée d'éventuels passants, mais elle préféra garder les yeux fermés, toute à son plaisir. Le plaisir en question prit fin avant que Daniel ait pu accomplir son office, Léa s'étant sentie tout à coup observée, elle avait ouvert aussitôt les yeux et vu quelque chose se retirer rapidement dans le puits. Un visage. La naturaliste repoussa vivement son mari, qui se retrouva pantois face à une quasi hystérique. Il songea d'abord à une araignée, mais l'index de son amante indiquait le centre du cercle. Cela suffit à faire retomber son excitation. Il se rhabilla dare-dare et sortit son opinel « Le Savoyard » de la poche de son short. Armé de la sorte,il se dirigea à pas feutrés en direction du cylindre de pierres. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine. Bon sang, ce qu'il pouvait détester les cavités obscures ! Prudemment, il se rapprocha assez pour voir la noirceur de l'orifice, lequel était tout aussi insondable que vide en apparence. Il n'avait aucune envie de la vérifier par quelque méthode que ce fut. Léa, de son côté, avait renfilé culotte et pantacourt et fit savoir qu'elle préférait quitter ce lieu sinistre au plus tôt. Daniel était d'accord. Le sentier décrivait une boucle, et le puits était en réalité assez proche de leur point de départ, pour peu que l'on fît la promenade dans l'autre sens. Le Belge essayait donc encore de rassurer sa femme – ce n'était qu'une hallucination due à son malaise général- quand ils retrouvèrent la chaussée principale à l'orée de la forêt, là où ils avaient entamé leur parcours. Daniel reconnaissait que le coin était un peu glauque. Il omit volontairement de signaler à son compagne que les traces du chien s'arrêtaient au puits, jugeant préférable de la réconforter et de changer de sujet. Il y avait un blockhaus assez intéressant dans la région, ils le visiteraient sans doute, n'est-ce pas ? Léa et la forêt restèrent silencieuses.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tsékelkan
Empereur Tloxcolèque
avatar

Nombre de messages : 1694
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
60 / 10060 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 12/11/2010

Personnage
Points de vie:
160/160  (160/160)
Défense:
15/15  (15/15)
Attaque:
12/12  (12/12)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Mar 16 Oct - 18:31

affraid Bisol faut vraiment que tu mettes des paragraphes geek
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Mer 24 Oct - 16:48

HRP : Je ferai gaffe. Notez que je peux tout vous taper d'un coup si vous voulez hein.

Le reste de la journée se déroula normalement. Leurs voisins de camping, deux ancêtres installés sur des chaises à bascule, contribuèrent à assombrir l'humeur de Daniel : ils ne répondirent pas à son salut. La sénilité ne constituant pas une excuse valable pour le cycliste, il s'agissait d'une preuve d'impolitesse impardonnable.
Il décida d'aller lutter avec le grand ours brun sur le trône blanc et se saisit des prospectus collectés par sa compagne. Une façon bien à lui de détendre l'atmosphère tout en restant bougon. C'est en possession d'un rouleau -déjà bien entamé- de papier toilette qu'il se rendit aux WC.
Le fait qu'ils fussent dépourvus de papier était classique. Que deux des quatre WC soient hors service l'était moins, surtout pour un complexe de 140 emplacements fixes. Cela dit, les caravanes et bungalows étaient sans doute pourvus de ces facilités, en tout cas il l'espérait.
Un raclement de gorge suivit du bruit caractéristique d'un gros glairon entrant en contact avec le sol l'avertit qu'une des deux cabines était occupée. Un hollandais, à son humble avis. Pas une, car la voix marmonnant sur le trône était clairement masculine, même pour une hollandaise.
Levant les yeux au ciel – une erreur car il était arachnophobe - il entrouvrit la dernière cabine. Évidemment, elle était dégueulasse : carrelage boueux, poils et urine sur le WC et planche inexistante. Un classique. Il entreprit donc de nettoyer au mieux le socle à l'aide du papier qu'il avait emporté, faisant fi des râles émanant de la cabine voisine. Bon sang, ce que les gens pouvaient être immondes.
Son voisin finit par tirer la chasse avant de défoncer la porte de son antre. Daniel tenta de ne pas se représenter le personnage, d'autant qu'il avait laissé un délicat souvenir derrière lui : Nez odorant et pourri, attaque carrée et musclée, interminable en bouche, affrosité aromatique et finale à vomir. Un nectar.
Le sommelier improvisé guetta le son des lavabos. Seul le claquement de la porte des sanitaires se fit entendre. Le vieux porc...
Son office terminé, le belge se dirigea pour sa part vers les malheureux robinets laissés pour compte. Il fit la moue devant les toiles d'araignées recouvrant les lavabos. Ceci expliquait cela, quoiqu'il ignorait si les arachnides étaient la cause ou la conséquence des habitudes locales. Fort heureusement, d'autres éviers étaient accessibles dans la pièce voisine, celle des douches.
Les néons éclairant ces facilités vivotaient au rythme des affreux bourdonnements caractéristiques de ce type d'éclairage. Super ambiance. Les douches étaient situées sur la droite, les lavabos sur la gauche. Un panneau « attention douches solaires » tentait sans doute de justifier le fait que les lieux n'étaient pas équipés d'eau chaude. Peu lui importait, il désirait simplement se laver les mains, avec ou sans mousse. Tout comme les douches et les WC, les éviers étaient isolés par des cabines individuelles.
Daniel choisit la deuxième : il aimait bien ce chiffre pour une raison quelconque qui devait remonter à sa tendre enfance. La glace surplombant l'évier était propre, de même que ce dernier. Un bon choix semblait-il. Son sourire victorieux retomba lorsque le jet d'eau surgissant sur sa main gauche lui accorda une douche gratuite. Un karsher aurait été plus approprié. Il n'eut pas le temps ni le besoin de s'écarter, le jet était aussi bref que violent. Soit, il fallait s'armer de patience et de ruse.
Un bruit de pas se fit entendre, incitant Daniel à refermer aussitôt la porte et à la verrouiller. Puisque l'intimité était possible, autant en profiter, songea-t-il. Il renouvelait ses tentatives pour se laver les mains – et uniquement les mains – quand le bruit d'une clinche qu'on abaisse se fit entendre. Celle de sa porte. Fallait-il que ces consanguins soient idiots au point de vouloir utiliser les seuls lavabos occupés du bâtiment.
Sans se retourner, il informa l'importun que la place était occupée, et activa une nouvelle fois le robinet histoire de bien illustrer ses propos. On n'était jamais assez sûr avec des abrutis pareils. Il devait être très borné, sourd ou décérébré – ou les trois, pas vrai mon pote ? - car ses tentatives pour ouvrir la porte redoublèrent. Daniel haussa le ton. Le bruit cessa. Voilà qui était mieux.
Sauf qu'un autre bruit remplaça celui de la poignée : un affreux crissement. Comme si... comme si des ongles se hissaient vers... Il leva les yeux vers le miroir, juste à temps pour les apercevoir. Dix ongles firent leur apparition au-dessus de la porte – il n'y avait pas de plafonds individuels pour les cabines -. Sous l'oeil horrifié du jeune homme, ceux-ci furent suivis par les deux premières phalanges des doigts correspondants. Leur étreinte sur la tranche de la porte se resserra.
lupanar, ce taré allait se hisser, et Daniel verrait d'une seconde à l'autre une tête hideuse faire irruption au-dessus de la porte ! Il se retourna vivement pour faire face à cette menace. Les mains avaient disparu. L'idée de vérifier leur existence à l'aide du miroir lui traversa l'esprit, mais il jugea préférable de ne pas risquer l'arrêt cardiaque.
Son opinel fut brandit en un temps record, suite à quoi le touriste ouvrit la porte à la volée, prêt à en découdre. Évidemment, aucune trace de qui que ce soit.
Il avait toujours eu beaucoup d'imagination, ce qui lui avait valu de croiser moult fantômes et zombies au cours de son existence. Il s'agissait vraisemblablement d'une nouvelle créature, n'est-ce pas mon vieux ? Un loup-garou par exemple.
Pourtant, ce n'était pas sur base de bruits, de courants d'air ou d'ombres qu'il avait imaginé ces doigts : il les avait vus. Léa avait également vu une créature dans la forêt. Soit ils devenaient mabouls, soit il y avait un truc pas net au camping.
Il baissa les yeux vers le sol pour examiner les traces que des souliers ne manqueraient pas de laisser sur le sol humide. Il constata qu'il aurait mieux fait de s'en abstenir : les seules traces visibles étaient celles d'un chien. Un gros chien.
Quitte à être terrifié, autant aller jusqu'au bout. Avec un peu de rationalité, on pouvait s'attendre à trouver l'affreux labrador des hollandais d'à côté aux bouts de cette piste.
Celle-ci s'avéra concorder avec cette version des faits, puisqu'elle menait au labrador en question, assis aux pieds de sa toute aussi affreuse maîtresse. Quelle frousse pour un clébard ! Cependant... un chien n'a pas tendance à se hisser pour accéder aux lavabos, encore moins à l'aide de ses doigts. Un gamin qui aurait voulu s'amuser ? Léa trouverait peut-être une explication plus convaincante.
lupanar de foutu camping de culs-terreux ! Comment s'appelait-il déjà ? Le marécage de la Lune ? Un nom évocateur... Il était heureux que leur tente soit proche des sanitaires, car le regard vitreux et dénué de vie des résidents lui fichait la frousse. Même ces foutus nains de jardins paraissaient plus expressifs. Un peu trop expressif même.
Un groupe d'enfants se tenait en travers de son chemin. Les mêmes que ceux de l'aire de jeux. A nouveau, Daniel les salua. Cette fois, ils répondirent en cœur à son bonjour. Ils ne souriaient pas. Le campeur fit un crochet vers un jardinet pour les contourner, mais les gamins l'en empêchèrent. Il leur lança un regard courroucé. Aidez-nous, lancèrent-ils d'une voix plaintive.
Le belge était aussi surpris qu'effrayé. Ces gosses se rapprochaient et il n'avait aucune envie de les aider. Excusez-moi, mais je n'ai pas le temps, affirma-t-il en essayant de se frayer un passage. Des petites mains l’agrippèrent. Aidez-nous, gémissaient les enfants. Leur visage était placide, mais leurs yeux trahissaient une profonde détresse. Désolé, murmura Daniel avant de s'extirper du groupe, vraiment.
Il ne se retourna pas, mais sentit tout le poids de leur regard dans son dos. Ces gamins étaient aussi flippants que le reste du camping ! Et puis, qu'avaient-ils voulu dire par « aidez-nous » … ?

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Jeu 15 Nov - 8:27

Suite à votre enthousiasme convaincant, voici la suite pol

Léa n'avait pas d'autres explications pour les doigts qu'un poivrot ou l'imagination débordante et morbide de son mari. Voire les deux.
Rien de tel qu'un apéro pour se changer les idées. Un paquet de chips et deux panachés furent mis à contribution. Daniel n'aimait pas la bière -ni l'alcool en général-, mais ces bières-limonades contenaient moins de 1,2% d'alcool et symbolisaient pour lui les vacances en France. Ils s’installèrent à nouveau à une table près de l'aire de jeux, laquelle était déserte. Les balancelles n'en étaient pas moins en action, oscillant doucement au gré du vent. A moins qu'il ne s'agisse d'enfants fantômes, bien sûr.
L'apéritif ne leur semblant pas particulièrement appétissant, le couple enchaîna sur le repas : encore et toujours fromage et pain.
Après s'être lavés – en occupant la même cabine -, ils se blottirent dans leur tente où ils passèrent le reste de la soirée à se câliner. Les deux amants s'endormirent étonnement vite, dans les bras l'un de l'autre.

Daniel se réveilla soudain, avec l'envie irrésistible d'aller faire un tour en forêt. Ayant enfilé ses habits, il se faufila hors de la tente en prenant garde à ne pas éveiller sa compagne. Il fut bientôt dehors, mais se rendit compte qu'il avait laissé sa lampe de poche dans la tente. Préférant ne pas prendre à nouveau le risque de réveiller sa belle, il se mit en route sans s'en formaliser. Après tout c'était la pleine lune, et il faisait donc assez clair.
Ce n'était pas dans ses habitudes de faire des randonnées nocturnes, si l'on exceptait bien sûr la promenade chambre-WC. L'étrangeté de la situation ne lui effleura même pas l'esprit, et l'homme eut bientôt rejoint le sentier forestier.
On pouvait entendre un son en direction du puits, et c'est en toute logique par-là que le noctambule se dirigea. Le son s'amplifia jusqu'à devenir assourdissant. Une seule voyelle vibrant à l'unisson de nombreuses voix humaines. Une sorte de « UUUUUUU » qui aurait dû lui paraître sinistre mais lui sembla passionnant. Irrésistible même.
Il parvint enfin au niveau du cercle de souches. Celles-ci étaient occupées par des hommes et des femmes, assis, bouche béante. Visiblement, il s'agissait des auteurs de ce son. Daniel avait follement envie de se joindre à eux, mais aucune souche ne semblait disponible. Déçu, il porta son regard vers le centre du cercle. Un faisceau lunaire perçait à travers le couvert forestier et tombait sur le puits-. Ce dernier draina à lui toute l'attention de l'intrus qui s'y dirigea lentement, étranger aux individus dont l'incantation fut soudain interrompue par sa présence. Ce silence l'arrêta, et son regard se porta à nouveau sur les autres humains. Il reconnut le regard mort des occupants du camping. Ceux-ci agrippèrent soudain la peau sous leur menton, et, sous l’œil étonné du visiteur, arrachèrent leurs visages comme si il eut s'agit de masques faits de chair. Comme Daniel s'y attendait, des visages de nains de jardins remplaçaient désormais les faces inexpressives qu'ils tenaient à la main.
Ils lui souriaient, et leurs yeux scintillaient sous l'éclat de la lune. Bonsoir Daniel, dirent-ils en cœur. Bonsoir, leur répondit Daniel. Tu vas rester avec nous, n'est-ce pas ? Bien sûr, affirma-t-il. Les nains parurent satisfaits et brandirent des petites haches.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Heinrich le Troll
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
Grand Inspecteur Inquisiteur des Tribunaux
avatar

Nombre de messages : 1636
Age : 28
Blason de l\'équipe :
Honneur :
76 / 10076 / 100

Expérience de rôliste :
30 / 10030 / 100

Date d'inscription : 10/08/2007

Personnage
Points de vie:
250/250  (250/250)
Défense:
20/20  (20/20)
Attaque:
19/19  (19/19)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Dim 25 Nov - 12:03

Bisol von Sint-Omer a écrit:
Suite à votre enthousiasme convaincant, voici la suite pol
Je lis entre les lignes… Mais j'avoue que les histoires de manque d'éducation et d'hygiène des gueux ne sont pas celles qui m'émeuvent le plus.

_________________
Sketch blog · Geek blog
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Bisol von Sint-Omer
HochMeister
HochMeister
avatar

Nombre de messages : 6446
Age : 26
Blason de l\'équipe :
Honneur :
92 / 10092 / 100

Expérience de rôliste :
70 / 10070 / 100

Date d'inscription : 04/07/2007

Personnage
Points de vie:
200/200  (200/200)
Défense:
30/30  (30/30)
Attaque:
17/17  (17/17)

MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   Jeu 29 Nov - 18:12

Suite et fin.

Léa le réveilla. N'avait-il pas entendu ce hurlement ? Non, il ne l'avait pas entendu. Un gamin ayant fait un mauvais rêve sans doute, tout comme le campeur venait de faire un horrible cauchemar. Le subconscient n'avait pas son pareil pour mêler les émotions de la journée.
Sa compagne devait aller au petit coin, mais n'osait pas s'y aventurer seule. Daniel grommela mais consentit néanmoins à se glisser hors de son sac de couchage. Léa avait à peine sorti la tête de la tente qu'elle y battait en retraite en hurlant : des nains de jardins entouraient la tente !
Daniel tenta de la rassurer : il s'agissait de l’œuvre d'un des dérangés locaux. Dieu savait combien ils étaient légions dans ce camping... L'homme sortit à son tour de la tente, histoire de bien montrer à sa douce que ces statuettes étaient inoffensives. Léa attendit dans la tente. Comme son compagnon ne se faisait plus entendre, elle commença à paniquer sérieusement : « Mon trésor ? ». Le campeur fit savoir qu'il était bien là, mais qu'il n'y avait aucune trace de nains de jardins, si ce n'est ceux des jardinets voisins, visiblement bien à leur place. Était-elle certaine de les avoir vu si près de la tente ? Evidemment, elle l'était, et Daniel eut grand peine à la convaincre que la nuit avait troublé sa vision, assistée en cela par son imagination. Après tout, les nains de jardins entouraient effectivement la tente, si l'on considérait le fait qu'ils étaient entourés des jardinets voisins. L'alcool avalé la veille et l'ambiance du camping furent également avancés sans grand succès : Léa se refusait à quitter la tente. Si elle n'avait pas vraiment l'intention d'aller au petit coin, Daniel pouvait donc rentrer dans la tente, n'est-ce pas ?
Comme Léa se mettait à sangloter, son mari lui saisit la main. Elle finit par la saisir, et il la hissa hors de sa cachette. Affolée, elle vérifia que les nains n'étaient pas trop près, et fut forcée de reconnaître qu'elle les aurait cru plus proche. Elle aurait pourtant juré que... Daniel la traîna à sa suite, et le couple se rendit finalement aux WC, sous le regard attentif des nains, tout sourires.
Tandis que Léa soulageait sa vessie, son homme se prit à observer la caravane des hollandais, et constata que la lune était pleine. Le subconscient était décidément remarquable : il avait précisément rêvé d'une nuit de pleine lune. Sans doute le côté « loup-garou » de son rêve avait-il contribué à ce détail. A vrai dire, peu lui importait. Il se sentait tellement las...
Le retour à la tente se fit sans histoire, et les deux amants retrouvèrent vite leurs draps. Léa peina à trouver le sommeil.

Elle venait à peine de trouver le sommeil, -du moins lui semblait-il-, qu'elle fut à son tour prise de cet étrange besoin d'une promenade nocturne. Après quelques minutes, elle arriva donc en vue de la clairière d'où émanait ce bruit (« UUUUUU ») qui l'intriguait. Parmi les silhouettes entonnant ce son, une en particulier se détachait sur le halo lunaire : celle de son mari. Il se retourna lentement, lui tendit la main pour qu'elle s'approche. Elle l'aurait sans doute fait si son regard ne semblait si... mort ? La chose la plus étrange était qu'elle ne se rappelait pas avoir constaté son absence en quittant la tente. Cet homme n'était peut-être pas vraiment son mari...
Daniel haussa les épaules et lui pointa le centre du cercle. A l'instant où elle posait ses yeux sur le puits, de longs ongles crasseux firent leur apparition. Deux mains couvertes de poils noirs suivirent, puis la chose se hissa totalement hors du trou. Ses yeux jaunes brillaient dans la pénombre, fixant la nouvelle venue. Tout son être lui hurlait de fuir, mais elle se sentait étrangement décontractée. Comme si tout cela n'était rien de plus qu'une bonne soirée entre ami, voire une nécessité.
Le loup-garou s’avança dans sa direction. Il allait la saisir et la dévorer d'une seconde à l'autre. La jeune femme ferma les yeux et attendit la mort. L'odeur fétide du canidé mêlée à celle du sang frais lui emplit les narines. Les crocs de la bête ne se refermèrent pas sur elle, à la place la créature hurla à la lune, réclamant quelque chose.
Les cultistes agrippèrent alors fermement la peau sous leur menton. Daniel fit un clin d’œil complice à sa femme avant d'imiter ses compagnons. Ils arrachèrent leurs visages de concert dans une gerbe de sang. Des visages de nains de jardins -bon sang, ils souriaient- fixaient désormais la nouvelle arrivante.
Désespérée, elle fixa la caricature grotesque des traits de son mari. Il arborait désormais une barbe rousse, un bonnet vert et un sourire mauvais. Ses yeux brillaient d'une lueur froide tandis qu'il tendait une hache à son amante. Tiens mon amour, murmura-t-il, il faut que nous abattions un arbre pour que tu puisses t’asseoir avec nous.
Elle n'osa pas désobéir au monstre qui avait pris possession de son mari, et suivit le petit groupe jusqu'à un frêne quinquagénaire. Une profonde lassitude qu'elle n'expliquait pas l'emplit tandis qu'ils luttaient contre les fibres de l'arbre. Les racines furent particulièrement difficiles à trancher.
Une fois Léa installée sur son siège dégageant encore une odeur de bois fraîchement coupé, le loup-garou hurla de nouveau à la lune. Deux nains arrivèrent alors avec un garçon d'environ six ans. Elle reconnut là les hurlements qu'elle avait entendu un peu plus tôt dans la nuit. Pitié, gémissait-il en la regardant, aidez-moi.
Elle aurait sincèrement voulu l'aider, mais la volonté lui faisait défaut. C'est comme si toute action allant à l'encontre de ce rituel ne pouvait lui sembler autre que puérile.
Lorsque le loup-garou arracha la tête du garçon et qu'elle roula à ses pieds, deux réflexions se bousculaient dans son esprit : « que va-t-il m'arriver ?» et « cette saloperie de tête à ruiné mes chaussures, elles sont pleines de sang ! ».
Le garçon fut rapidement dévoré, suite à quoi le monstre se tourna vers Léa. Il la désigna d'un bras, s'essuyant la gueule de l'autre. Daniel jugea bon de faire savoir à sa compagne la volonté du loup : ils devraient procréer.
Léa hocha la tête, elle avait compris. Il fallait bien nourrir la bête, à raison d'un enfant tous les 28 jours. Grâce aux centaines de résidents du camping, cet approvisionnement était assuré. Tout de même, du sang neuf était indispensable pour remplacer les couples plus âgés. Ils étaient donc plus que bienvenus.
A nouveau, Léa acquiesça. La créature s’avança alors lentement vers elle et lui saisit la nuque. De son autre patte, elle plongea un ongle rougit par le sang dans le cou de sa victime, et lui trancha la gorge.

La jeune femme se réveilla en sursaut. Elle fut grandement rassurée de trouver son compagnon à ses côtés. Ce n'était qu'un mauvais rêve ! C'est blottie dans ses bras qu'elle se rendormit, comme un bébé.

Le lendemain matin, après s'être longuement enlacés -et même plus encore-, le couple se leva de bien bonne humeur. D'un commun accord, ils décidèrent de prendre un peu de vacances dans le secteur. Pourquoi toujours courir alors qu'on est si bien au calme dans un camping ? Léa se rendit donc à l’accueil où le gérant l'attendait, sourire et cure-dents aux lèvres.
Il proposa à la jeune femme un bungalow dont les occupants venaient de décéder. C'est avec joie qu'elle accepta et s'en alla annoncer cette bonne nouvelle à son amour. L’emplacement était parfait, et le bungalow fort joli. Il s’agirait toutefois d’entretenir le jardinet. Ils commencèrent d’ailleurs aussitôt à traquer les mauvaises herbes. Demain ils iraient au petit magasin acheter des fleurs.

_________________
Mieux vaut mourir avec honneur que vivre dans la honte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Stand-alone : Le camping du la Lune   

Revenir en haut Aller en bas
 
Stand-alone : Le camping du la Lune
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Un soir de pleine lune
» Les taches de la lune
» Comprendre la lune
» Un Haitien sur la Lune
» Chaleur estivale | Pv Nuage de Lune | - The End -

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
La conquête de Pandrea :: LE JEU :: Jeux écrits-
Sauter vers: